20 décembre 2006
Episode 08 : Cher mal de mer
Cher journal,
Nous sommes aujourd'hui au début de la saison chaude, et le climat tropical de Baie du Butin devient de plus en plus lourd.
Djevelen et moi avons plié bagages, il paraît que près de Ratchett il y a une caverne à voir, emplie par la corruption... Peut être de quoi me trouver une nouvelle robe...
Nous avons décidé de prendre le bateau, direct jusqu'au port situé en Kalimdor.
Cela fait à peine quelques heures que je suis sur ce bateau, mais je ne me fais toujours pas à la haute mer.
Djevelen ronfle déjà comme un sonneur. Est ce que je vais vraiment épouser cette brute... ? il éviscère les pirates si vite que je n'ai même pas le temps d'incanter... il mange comme un sauvage... et me laisse mourir sans pitié...
Encore 5 morts cette semaine. Cette sensation de plus en plus étrange de vide. J'ai l'impression de perdre un morceau de mon âme à chaque retour dans mon enveloppe.
L'ange qui a l'air rassurant au début commence à prendre un aspect plus sombre. Ses longues ailes claires s'estompent, le brouillard qui l'entoure est chaque fois plus terne...
...Mais déjà les nausées me secouent à nouveau... Que faire sinon y résister...
L'air de dehors est plus léger, mais j'ai déjà hâte que ce trajet prenne fin... Encore huit jours à travers la Grande Mer, et encore, nous ne sommes pas proches du maelstrom en son centre... j'appréhende les journées dès demain... Qu'Elune soit louée, un alchimiste m'a confectionné des potions de sommeil...
.."
Yliaene lâcha sa plume, tituba jusqu'au bastingage et régurgita ce qui restait de son dernier repas.
Les quelques matelots présents sur le pont à ce moment là pouffèrent de rire. La magicienne, pâle se retourna.
Ses yeux étincelaient de colère, elle tremblait de faiblesse physique, mais les arcanes la maintenaient droite. Jamais elle ne s'était sentie aussi étrangère à elle-même, mais les flammes qu'elle incanta étaient bien réelles.
Djevelen termina sa sieste à ce moment et arriva au moment où l'incantation prenait fin... Yliaene rassemblait tous les débris de concentration restant, toute son énergie était placée dans cette énorme boule de magma qui flottait à présent entre ses bras écartés.
"YLIAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!! NOOOOOOONNN !!!"
Djevelen sprinta sur la magicienne et la plaqua au sol au moment où le rocher en fusion était lancé... Il s'écrasa dans la mer à quelques dizaines de mètres du navire. (Le rocher, Djevelen rattérrit la tete dans la poitrine d'Ylia et récolta une gifle retentissante).
"Ayeuh ! nan mais ça va pas dans ta tête ! t'es malade ou quoi ?"
"Oui, ça fait six heures que je vomis trippes et boyaux et que ces abrutis me regardent en rigolant."
Djevelen se dirigea vers l'un des matelots qui avait soudainement cessé de rire. Malgré son gabarit imposant, le matelot se rendit compte qu'un rôdeur pouvait aussi être une brute épaisse potentielle.
Il le souleva par le col et sortit une dague.
"Approche-toi encore une fois d'Yliaene et je te transforme en carpette. Moque toi encore une fois de son mal de mer, et je te jure que ce sera de la viande le prochain repas. C'est aussi valable pour tes ptits copains."
Il le lâcha et le marin attérrit les quatre fers en l'air sur le pont.
Après cet incident et le hurlement de Djevelen, tout le monde à bord resta silencieux. Yliaene, choquée et surprise par la réaction de son ami en avait oublié son mal de mer. Isao la rejoint sur le pont et l'aida à s'asseoir. Elle tremblait de tous ses membres, aussi la couvrit-il de sa cape qui sentait moins le fauve que celle de Djevelen.
Quelques heures après elle se réveillait dans la cabine, Djevelen à ses côtés, inquiet.
"Tu te sens comment ?"
"Un peu mieux, mais très faible. J'ai des trous de mémoire sur ce qui s'est passé..."
"Chuuuut... repose toi, ça fait deux jours que tu dors. il nous reste encore 4 jours et demi de trajet, le vent est favorable..."
Elle picora un tout petit peu du repas qu'Isao lui avait emmené et se rendormit. Elle termina le voyage dans ces conditions, et avec soulagement posa le pied à Ratchett, soutenue par ses deux amis.
